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    <title>73 HB9ERY QSL</title>
    <link>/</link>
    <description>Recent blog posts on 73 HB9ERY QSL</description>
    
    <generator>Hugo (https://gohugo.io)</generator>
    
    <language>en-gb</language>
    
    <managingEditor>jma@mbuf.net (jma)</managingEditor>
    
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    <lastBuildDate>Thu, 17 Sep 2026 00:00:00 Z</lastBuildDate>
    
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    <item>
      <title>Mais je sais ce que je dis, c&#39;est logique!</title>
      <link>/posts/logic/</link>
      <pubDate>Thu, 17 Sep 2026 00:00:00 Z</pubDate>
      
      <author>jma@mbuf.net (jma)</author>

      
      
      
      

      <description>
       ## « C&amp;amp;rsquo;est ta logique, ça »: anatomie d&amp;amp;rsquo;une phrase qui ne pense pas Ou pourquoi votre voisin n&amp;amp;rsquo;a pas « sa » logique, pas plus qu&amp;amp;rsquo;il n&amp;amp;rsquo;a « ses » lois de la gravité.
Combien de fois avez-vous entendu ça? Vous avancez un raisonnement, soigneusement, prémisse après prémisse, et patatras:
« C&amp;amp;rsquo;est pas logique. »
Puis, si vous insistez un peu, vient l&amp;amp;rsquo;arme fatale:
« Ah mais c&amp;amp;rsquo;est ta logique, ça. »

      </description>
      <content:encoded>&lt;h1 id=&#34;-cest-ta-logique-ça--anatomie-dune-phrase-qui-ne-pense-pas&#34; &gt;
&lt;div&gt;
    &lt;a href=&#34;#-cest-ta-logique-%c3%a7a--anatomie-dune-phrase-qui-ne-pense-pas&#34;&gt;
        ##
    &lt;/a&gt;
    « C&amp;rsquo;est ta logique, ça »: anatomie d&amp;rsquo;une phrase qui ne pense pas
&lt;/div&gt;
&lt;/h1&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Ou pourquoi votre voisin n&amp;rsquo;a pas « sa » logique, pas plus qu&amp;rsquo;il n&amp;rsquo;a « ses » lois de la gravité.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Combien de fois avez-vous entendu ça? Vous avancez un raisonnement, soigneusement, prémisse après prémisse, et patatras:&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;« C&amp;rsquo;est pas logique. »&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Puis, si vous insistez un peu, vient l&amp;rsquo;arme fatale:&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;« Ah mais c&amp;rsquo;est &lt;em&gt;ta&lt;/em&gt; logique, ça. »&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Comme si la logique était une playlist Spotify. Personnalisable. Partageable. Chacun la sienne, selon son humeur du jour.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;le-problème-on-utilise--logique--pour-dire-trois-choses-différentes&#34; &gt;
&lt;div&gt;
    &lt;a href=&#34;#le-probl%c3%a8me-on-utilise--logique--pour-dire-trois-choses-diff%c3%a9rentes&#34;&gt;
        #
    &lt;/a&gt;
    Le problème: on utilise « logique » pour dire trois choses différentes
&lt;/div&gt;
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Quand quelqu&amp;rsquo;un lance « ce n&amp;rsquo;est pas logique », il peut vouloir dire:&lt;/p&gt;
&lt;ol&gt;
&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Le raisonnement est invalide&lt;/strong&gt; (illogique au sens technique — une vraie objection, qui mérite examen)&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;strong&gt;La conclusion me choque&lt;/strong&gt; (elle est contre-intuitive &lt;em&gt;pour moi&lt;/em&gt; — c&amp;rsquo;est-à-dire: « je ne suis pas convaincu », formulé de façon élégante pour éviter d&amp;rsquo;expliquer pourquoi)&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Je n&amp;rsquo;ai pas envie de suivre votre raisonnement&lt;/strong&gt; (fatigue cognitive déguisée en hauteur de vue)&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;
&lt;p&gt;Seul le premier cas concerne la logique. Les deux autres relèvent de l&amp;rsquo;intuition — c&amp;rsquo;est-à-dire, très exactement, de &lt;em&gt;ce qui vous est déjà familier&lt;/em&gt;. Juger la validité d&amp;rsquo;un raisonnement à l&amp;rsquo;aune de sa propre familiarité avec ses prémisses, c&amp;rsquo;est une erreur de catégorie. C&amp;rsquo;est noter la qualité d&amp;rsquo;une démonstration mathématique sur la base de votre niveau de confort émotionnel.&lt;/p&gt;
&lt;table&gt;
	&lt;thead&gt;
			&lt;tr&gt;
					&lt;th&gt;Logique formelle&lt;/th&gt;
					&lt;th&gt;« Logique » populaire&lt;/th&gt;
			&lt;/tr&gt;
	&lt;/thead&gt;
	&lt;tbody&gt;
			&lt;tr&gt;
					&lt;td&gt;Système construit sur des prémisses explicites&lt;/td&gt;
					&lt;td&gt;Intuition personnelle, expérience subjective&lt;/td&gt;
			&lt;/tr&gt;
			&lt;tr&gt;
					&lt;td&gt;Règles de déduction rigoureuses&lt;/td&gt;
					&lt;td&gt;Associations d&amp;rsquo;idées, heuristiques&lt;/td&gt;
			&lt;/tr&gt;
			&lt;tr&gt;
					&lt;td&gt;Validité vérifiable&lt;/td&gt;
					&lt;td&gt;Plausibilité ressentie&lt;/td&gt;
			&lt;/tr&gt;
			&lt;tr&gt;
					&lt;td&gt;Peut mener à des conclusions contre-intuitives&lt;/td&gt;
					&lt;td&gt;Reflète souvent ce qui est déjà familier&lt;/td&gt;
			&lt;/tr&gt;
	&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;h2 id=&#34;-ta--logique--ma--logique-le-relativisme-bar-pmu-ou-des-débats-quils-sorganisent-sur-des-chaînes-dinfos-de-médias-classiques-ou-des-plateformes-comme-tiktok&#34; &gt;
&lt;div&gt;
    &lt;a href=&#34;#-ta--logique--ma--logique-le-relativisme-bar-pmu-ou-des-d%c3%a9bats-quils-sorganisent-sur-des-cha%c3%aenes-dinfos-de-m%c3%a9dias-classiques-ou-des-plateformes-comme-tiktok&#34;&gt;
        #
    &lt;/a&gt;
    « Ta » logique, « ma » logique: le relativisme bar PMU, ou des débats (qu&amp;rsquo;ils s&amp;rsquo;organisent sur des chaînes d&amp;rsquo;infos de médias classiques, ou des plateformes comme TikTok)
&lt;/div&gt;
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Prenons la formule magique « c&amp;rsquo;est ta logique ». Elle sonne comme un couperet. Elle n&amp;rsquo;est en réalité qu&amp;rsquo;un glissement de catégorie: elle transforme la &lt;strong&gt;validité&lt;/strong&gt; (un critère objectif) en &lt;strong&gt;perspective personnelle&lt;/strong&gt; (une affaire de goût).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or la logique formelle n&amp;rsquo;a pas de propriétaire. Un syllogisme valide reste valide indépendamment de qui l&amp;rsquo;énonce. Si les prémisses sont vraies et le raisonnement correct, la conclusion s&amp;rsquo;impose — point. C&amp;rsquo;est agaçant, c&amp;rsquo;est autoritaire, c&amp;rsquo;est exactement pour ça qu&amp;rsquo;on l&amp;rsquo;a inventée.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que cache généralement « c&amp;rsquo;est ta logique »:&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Un désaccord sur les prémisses, non dit&lt;/strong&gt;: plutôt que de pointer &lt;em&gt;quelle&lt;/em&gt; prémisse pose problème, on disqualifie tout l&amp;rsquo;édifice.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Une fatigue cognitive&lt;/strong&gt;: suivre un raisonnement demande un effort. Relativiser demande trois secondes et un haussement d&amp;rsquo;épaules.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Un bouclier stratégique&lt;/strong&gt;: si chaque logique vaut autant qu&amp;rsquo;une autre, rien ne peut être invalidé. Tout se vaut, donc plus besoin de penser. Pratique.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Et voici le clou: cette phrase se tire dans le pied. Si la logique était vraiment relative et personnelle, alors « c&amp;rsquo;est ta logique » n&amp;rsquo;aurait &lt;em&gt;aucune force critique&lt;/em&gt; — elle ne pourrait rien invalider. Elle prétend réfuter un raisonnement au nom d&amp;rsquo;un principe selon lequel rien ne peut être réfuté. C&amp;rsquo;est le gombo des arguments: épais, gluant, et impossible à avaler.
Celui-ci partage des propriétés de l&amp;rsquo;aliment tant apprécié des Camerounais, mais ce n&amp;rsquo;est pas du tout le même.
Le gombo argumentatif est bien plus universel, se consomme malheureusement partout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La réponse honnête serait: « Je ne suis pas d&amp;rsquo;accord avec ta prémisse X » ou « ton étape Y ne suit pas ». C&amp;rsquo;est-à-dire: jouer le jeu, au lieu de renverser le plateau.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;petit-détour-technique-pas-besoin-de-savoir-lire-un-manuel-ikea-promis&#34; &gt;
&lt;div&gt;
    &lt;a href=&#34;#petit-d%c3%a9tour-technique-pas-besoin-de-savoir-lire-un-manuel-ikea-promis&#34;&gt;
        #
    &lt;/a&gt;
    Petit détour technique (Pas besoin de savoir lire un manuel IKEA, promis!)
&lt;/div&gt;
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Arrêtons-nous deux minutes sur ce que la logique fait — et ne fait pas — réellement, parce que c&amp;rsquo;est là que tout se joue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La logique&lt;/strong&gt; s&amp;rsquo;occupe de la validité formelle: une conclusion suit-elle nécessairement des prémisses? Elle est syntaxique, indifférente au monde réel, et ne dit &lt;em&gt;rien&lt;/em&gt; sur ce qu&amp;rsquo;on doit croire ni faire. Un syllogisme peut être parfaitement valide avec des prémisses absurdes: &lt;em&gt;Tous les chats sont verts. Félix est un chat. Donc Félix est vert.&lt;/em&gt; La logique hoche la tête et passe son chemin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est là le piège sémantique le plus efficace du débat courant: « c&amp;rsquo;est logique, c&amp;rsquo;est cohérent ». Être cohérent, c&amp;rsquo;est ne pas se contredire. C&amp;rsquo;est une propriété de &lt;strong&gt;forme&lt;/strong&gt;. La véracité, elle, est une propriété de &lt;strong&gt;fond&lt;/strong&gt;. Une histoire peut être parfaitement cohérente du début à la fin et entièrement inventée:
le Jugement de Pâris - sans procureur de la République, Pâris choisit Aphrodite -
est cohérent comme récit, logique comme choix, mais c&amp;rsquo;est inventé.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Confondre cohérence interne et véracité, c&amp;rsquo;est confondre la solidité d&amp;rsquo;un échafaudage avec l&amp;rsquo;existence du bâtiment qu&amp;rsquo;il entoure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L&amp;rsquo;épistémologie&lt;/strong&gt;, elle, s&amp;rsquo;occupe de la connaissance et de la justification: qu&amp;rsquo;est-ce qui distingue une croyance justifiée d&amp;rsquo;une opinion? Et ici, une distinction cruciale:&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;Un statut &lt;strong&gt;aléthique&lt;/strong&gt; (vrai/faux): ça dépend uniquement de comment le monde est.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Un statut &lt;strong&gt;épistémique&lt;/strong&gt; (justifiée/non justifiée, crédible/incrédible): ça dépend de ce que nous savons et de nos raisons de croire.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Ces deux statuts se combinent librement. La conjecture de Fermat était &lt;strong&gt;vraie&lt;/strong&gt; pendant trois siècles et demi sans être &lt;strong&gt;prouvée&lt;/strong&gt;. Des générations ont eu d&amp;rsquo;excellentes raisons de croire à un modèle géocentrique — et se trompaient. L&amp;rsquo;absence de démonstration ne rend pas une proposition fausse; elle la rend simplement non établie.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;-tu-nas-pas-de-preuve----cest-faux-&#34; &gt;
&lt;div&gt;
    &lt;a href=&#34;#-tu-nas-pas-de-preuve----cest-faux-&#34;&gt;
        #
    &lt;/a&gt;
    « Tu n&amp;rsquo;as pas de preuve » ≠ « c&amp;rsquo;est faux »
&lt;/div&gt;
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Autre confusion courante qui profite de l&amp;rsquo;ambiguïté du mot « logique »: la proximité troublante entre le fardeau de la preuve et le verdict de fausseté.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &lt;strong&gt;fardeau de la preuve&lt;/strong&gt; (celui qui affirme doit prouver), le &lt;strong&gt;rasoir de Hitchens&lt;/strong&gt; (« ce qui est affirmé sans preuve peut être rejeté sans preuve ») ou la &lt;strong&gt;théière de Russell&lt;/strong&gt; sont des outils parfaitement légitimes — mais ils relèvent de l&amp;rsquo;épistémologie et de la rhétorique, pas de la logique formelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nuance capitale: &lt;em&gt;rejeter une affirmation&lt;/em&gt; comme &lt;strong&gt;non justifiée&lt;/strong&gt; n&amp;rsquo;est pas la &lt;em&gt;déclarer fausse&lt;/em&gt;. La théière de Russell illustre précisément qu&amp;rsquo;une affirmation invérifiable peut être raisonnablement ignorée — sans qu&amp;rsquo;on ait besoin de considérer qu&amp;rsquo;elle est fausse. On n&amp;rsquo;accorde aucun poids à une hypothèse sans conséquence observable: c&amp;rsquo;est de la rationalité pragmatique, pas de la logique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et la &lt;strong&gt;rationalité&lt;/strong&gt;? C&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;étage intégrateur: l&amp;rsquo;art de croire et d&amp;rsquo;agir au mieux avec ce qu&amp;rsquo;on a — preuves incomplètes, capacités limitées, buts multiples. Elle dit « tu ne devrais pas croire aux piétons invisibles — invisibles et intangibles, entendons-nous bien: aucun choc, aucune trace, aucune éraflure », non parce que c&amp;rsquo;est faux (terrain logique), non pas seulement parce que c&amp;rsquo;est non justifié (terrain épistémologique), mais parce que croire autrement serait mauvais pour un esprit qui cherche la vérité. Et même la théorie de la décision a son mot à dire: si les piétons invisibles existaient, impossible de les éviter de toute façon — les ignorer est donc optimal &lt;em&gt;quoi qu&amp;rsquo;il en soit&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trois étages, trois disciplines, une seule confusion verbale. Quand quelqu&amp;rsquo;un dit « c&amp;rsquo;est pas logique », il saute joyeusement entre ces étages sans billet.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;les-découvertes-qui-faisaient--illogique-&#34; &gt;
&lt;div&gt;
    &lt;a href=&#34;#les-d%c3%a9couvertes-qui-faisaient--illogique-&#34;&gt;
        #
    &lt;/a&gt;
    Les découvertes qui faisaient « illogique »
&lt;/div&gt;
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L&amp;rsquo;histoire des idées regorge de conclusions rigoureuses qui ont d&amp;rsquo;abord paru scandaleuses pour la seule raison qu&amp;rsquo;elles brisaient l&amp;rsquo;intuition:&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;&lt;strong&gt;La Terre tourne autour du Soleil&lt;/strong&gt; — « ça n&amp;rsquo;est pas logique, on dirait qu&amp;rsquo;elle reste fixe »&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Les nombres négatifs existent&lt;/strong&gt; — « comment peut-on avoir moins que zéro? »&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;strong&gt;L&amp;rsquo;infini a des tailles différentes&lt;/strong&gt; — « un ensemble ne peut-il pas être aussi grand qu&amp;rsquo;une partie de lui-même? »&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;À chaque fois, la logique formelle a eu raison de l&amp;rsquo;intuition. Non pas parce qu&amp;rsquo;elle était « meilleure » au sens moral, mais parce qu&amp;rsquo;elle était &lt;strong&gt;rigoureuse&lt;/strong&gt; au sens technique. L&amp;rsquo;intuition, elle, juge la nouveauté à l&amp;rsquo;aune de l&amp;rsquo;habitude — un critère qui aurait condamné à peu près tout ce qui fait notre monde moderne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bonus contemporain, pour la route:&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Les statistiques fantômes&lt;/strong&gt;: « la moyenne est de 2,1 enfants par femme, c&amp;rsquo;est mathématique » — le chiffre est juste, mais presque personne n&amp;rsquo;a 2,1 enfants. Le calcul est vrai, l&amp;rsquo;usage est faux.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;strong&gt;La fausse précision&lt;/strong&gt;: un sondage à « 52,3 % » paraît mathématique alors que sa marge d&amp;rsquo;erreur en fait un simple « on ne sait pas ».&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Le verbe « être mathématique » souffre exactement du même détournement que « être logique »: on l&amp;rsquo;emploie comme un tampon d&amp;rsquo;autorité plutôt que comme une description de procédure.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;comment-répondre-sans-devenir-insupportable-ou-pas-trop&#34; &gt;
&lt;div&gt;
    &lt;a href=&#34;#comment-r%c3%a9pondre-sans-devenir-insupportable-ou-pas-trop&#34;&gt;
        #
    &lt;/a&gt;
    Comment répondre sans devenir insupportable (ou pas trop)
&lt;/div&gt;
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Si vous voulez éviter la spirale du non-débat, quelques relances qui recentrent la discussion là où il faut:&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;&lt;strong&gt;« Tu es en désaccord avec quelle prémisse? »&lt;/strong&gt; — force l&amp;rsquo;interlocuteur à identifier le vrai point de friction (souvent, il y en a un, et il est intéressant).&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;strong&gt;« Où vois-tu la faille dans la déduction? »&lt;/strong&gt; — invite à examiner la structure plutôt qu&amp;rsquo;à rejeter en bloc.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;strong&gt;« Est-ce que tu dis que le raisonnement est invalide, ou que la conclusion te déplaît? »&lt;/strong&gt; — distingue l&amp;rsquo;objection technique de l&amp;rsquo;inconfort personnel. Attention: cette question fait perdre des amis. Utiliser avec modération.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Ça peut sembler exigeant. Parfois même un peu pédant. Mais c&amp;rsquo;est la seule façon de transformer un échange de positions en véritable dialogue.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&#34;conclusion-la-logique-nest-pas-un-plaidoyer&#34; &gt;
&lt;div&gt;
    &lt;a href=&#34;#conclusion-la-logique-nest-pas-un-plaidoyer&#34;&gt;
        #
    &lt;/a&gt;
    Conclusion: la logique n&amp;rsquo;est pas un plaidoyer
&lt;/div&gt;
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Vouloir clarifier ce qu&amp;rsquo;on entend par « logique » n&amp;rsquo;est pas de l&amp;rsquo;esprit de sérieux. C&amp;rsquo;est de l&amp;rsquo;honnêteté intellectuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mots comptent. Quand on les utilise pour masquer des désaccords réels — sur les prémisses, sur les preuves, sur le cadre tout entier — on empêche la résolution des problèmes. On remplace l&amp;rsquo;argument par la disqualification, le débat par l&amp;rsquo;invective, et le raisonnement par&amp;hellip; une playlist.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors oui, parfois, « c&amp;rsquo;est pas logique ». Mais souvent, en vrai: &lt;strong&gt;c&amp;rsquo;est juste pas ce que j&amp;rsquo;attendais&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et cette distinction, c&amp;rsquo;est loin d&amp;rsquo;être logiquement insignifiante.&lt;/p&gt;
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      <category>logique</category>
      
      <category>épistémologie</category>
      
      <category>débats</category>
      
      <category>rationalité</category>
      
      <category>cohérence</category>
      
      
      <category>article</category>
      
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